Où que l'on aille, on est toujurs pris pour un autre. Les uns ne nous voient pas changer, il snous jugent par habitude. Les autres font parler nos silences, à tord évidemment car qui comprend réellement un silence... Les mythes se forgent malgré toi. Alors tu mène une lutte incessante pour les remodeler, les réajuster. Finalement tu t'aperçois que rien ne peut déloger les certitudes qui t'ont précédées.
Je n'ai pas plus l'impression d'être moi-même ici qu'auprès de toi. Juste cette légende bavarde qui m'invente à la lumière d'un type qui n'existe pas ou n'a jamais vraiment existé. Quelle confidence, fut-elle exhaustive ferait taire nos petites opinions, nos remarques toutes faites ? Qui saurait nous allourer une part d'inconnu ? Je te le demande. L'être humain a besoin de juger. L'incertitude n'est pas dans ses cordes. Il ne supporte pas de laisser un portrait inachevé. Je crois même qu'il n'en a pas la possibilité. Je crains que l'erreur de jugement ne soit par conséquent, autant proportionnelle à notre prolixité qu'à notre discrétion. Parles et l'on te trahiras. Tais-toi et l'on t'inventera. Tout est question de langage, cette prison.

Arnaud Cathrine.

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