Les blogueurs bloguent, au moins au début, on est d’accord là-dessus, mais à côté de ça, ils passent leurs journées à regarder leur statistique en temps réel ou à discuter sur des canaux IRC. Parfois, ils lisent un truc sur l’un où l’autre site, mais en temps normal ils ne retiennent rien, ils se dispersent dans la multitude de ce qui semble offert. Ils ne font qu’attendre qu’il se passe quelque chose. Ils relèvent leurs mails toute les cinq minutes alors que la tâche est automatisée toutes les dix ; ils restent devant leur clavier à regarder leur ordinateur faire ce qu’il pourrait bien faire tout seul : être en ligne. De là, il y a un glissement. On réalise un matin que ce qu’on écrit est de plus en plus mauvais, inutile, incertain, déplaisant. On réalise qu’il serait temps d’aller prendre un bain et de mettre des habits. D’aller draguer un être humain plutôt que de pousser des râles minables devant un divX. On se dit : tout ça c’est la faute du blog. Mais c’est oublier que bloguer, c’est écrire. Et depuis combien de temps n’a-t-on plus écrit ?[via IokanaaN]
Commentaires :
Le blog est un instrument d'auto-publication rapide, efficace et bon marché... Stop, je laisse à d'autres le soin d'analyser, mais je suis certain qu'il fait rêver.
>Les auteurs perdraient-ils (si ils l'ont jamais eu) le goût d'écrire ? Ou apprennent-ils ce que cela veut dire?
Je ne sais pas Kalbadia mais la chose n'est aisée pour personne.
"La vielle incapacité. J'ai cessé d'écrire depuis dix jours à peine et déjà, je suis mis au rebut. Je me trouve une fois de plus à la veille de terribles efforts. Il va falloir que je plonge, littéralement, et que je sombre plus vite que ce qui sombrera devant moi."
Franz KAFKA - Journal - le 30 janvier 1915
Lien croisé
Le weblog n'est qu'un outil (ma restriction n'a rien de péjoratif), un moyen, un media de communication qui a émergé avec la croissance d'Internet. Mais les dérives soulignées dans le texte, ce sont les dérives dans lesquelles on tombe facilement avec Internet. Pas les dérives du weblog.
Les dérives du weblog, à mon sens, c'est : poster pour ne rien dire / devenir un fou furieux de ses stats de fréquentation / etc.
La dispersion ici signalée, je l'ai connue avant de tenir un weblog. Traîner sur les chats IRC, sur les IM, faire un check de mes mails toutes les 3 minutes (et être tout déçu quand rien de neuf n'était arrivé dans ma boîte), je l'ai fait avant de tenir un weblog. Et j'aurais tendance à dire que, depuis que je tiens un weblog, depuis que j'ai beaucoup (plus) d'activités, j'ai laissé tombé, grosso modo, ces travers.
Le weblog n'est qu'un des éléments de la panoplie des Internautes qui ne se reconnaissent pas forcément dans la société telle qu'elle est. Ces gens qui n'ont pas envie de relations superficielles / qui n'aiment pas sortir en boîtes / qui mettent du temps avant de faire confiance, etc.
Pourtant, c'est une illusion. Internet n'est pas mieux que la vie réelle. Internet n'est pas une utopie. Les utopies n'existent pas. Encore faut-il arriver à s'en convaincre.
Re:
"Internet n'est pas mieux que la vie réelle. Internet n'est pas une utopie. Les utopies n'existent pas."
Pas le temps et trop fatigué hier soir pour me lancer dans quelque chose de comparable. Alors content que tu t'y sois collé.
et ben non
(http://calirezo.free.fr/)
Tant mieux :-)
Amusant de voir comme chacun interprête un (fragment de) texte.
Moi je voulais dire que je ne fais plus que citer parce que je n'arrive plus à penser...
Vous...